Juin 2014
RAPPORT DE MISSION D'UN MARTIEN

Centre National de la Recherche Scientifique de Mars
Direction des Expéditons Lointaines - Mission vers la Planète Terre

RAPPORT DE MISSION
(Première approche)

Notre soucoupe est enfin parvenue au voisinage de la planète "Terre",  et les premières mesures techniques effectués au cours de plusieurs rotations nous permettent de formuler d'intéressantes observations.
Parmi les nombreuses espèces vivant sur la planète, l'une d'entre elles, qui semble avoir une activité déterminante et s'auto désigne bizarrement sous l'appellation "les hommes", présente une particulière attraction pour la pollution.
Ils ont en effet réussi à créer des appareils spécialisés dans cette production, rassemblés dans divers lieux répartis sur la planète et qu'il ont nommés "les villes". Leur attrait pour les composants ainsi produits (que nos appareils ont analysé comme un mélange de monoxyde de carbone, oxydes d’azote, micro-particules de diverses nature) est tel qu'ils s'entassent autour de ces lieux de production, délaissant le reste de la planète (qu'ils nomment "la campagne") où ils ne sont pas encore parvenus à développer une semblable production - mais il semble qu'ils s'y emploient.
Suite du programme : identifier les méthodes de production et envisager les possibilités de les développer sur notre planète Mars.
 (À suivre)
Le chef d'expédition
小绿人

pcc : cnd
武汉中国地质大学讲座教授



Octobre 2013   
Vous avez dit : "environnement" ?


L'HUMANITÉ COURT À SA PERTE,
et le plus tôt sera le mieux


« Les civilisations meurent par suicide, non par meurtre »
                                         A-J Toynbee (1889-1975)



Plutôt que de découvrir au jour le jour avec angoisse, par divers indicateurs successifs, que l'environnement se dégrade et menace la santé des uns et des autres, regardons les choses en face : ce résultat, s'il n'est pas tout à fait un objectif déclaré, intervient dans le cadre d'un risque admis et assumé, au profit d'un mode de développement privilégiant d'autres impératifs.

Pris isolément, chaque événement peut paraître indépendant ; pourtant Fukushima (après Tchernobyl), le naufrage de l'Érika et autres marées noires, le golfe du Mexique zone morte, la pollution de l'air des villes chinoises mais aussi des nôtres, les rejets dits accidentels... tous ces incidents ou phénomènes récurrents résultent d'une prise de risque délibérée, ponctuelle ou plus générale.

Sont invoqués en vrac le progrès, l'intérêt général, l'économie, l'emploi, l'accès à la modernité...

La consommation d'objets n'est plus un désir, mais une obligation : à peine ouvrons-nous les yeux que la publicité vient envahir notre regard, dans la ville et désormais sur nos écrans les plus personnels. Khaled Kelkal en témoigne dès 1965, trois ans avant sa mort dramatique : "Le mec veut s'acheter un beau jean comme l'autre, il n'a pas d'argent. Il est obligé de se débrouiller tout seul".

Pourtant Homère, Galilée, Léonard de Vinci, Descartes, Mozart et Beethoven s'éclairaient à la bougie, et certaines peintures rupestres témoignent d'emblée d'un talent qui n'est guère dépassé aujourd'hui.


La consommation d'énergie a doublé en 40 ans (1973-2013), accompagnée par les émissions de CO2.
Les activités humaines ne sont plus assurées que pour moitié par des ressources renouvelables, l'autre moitié aux  dépens de l'équilibre de la planète et de son avenir. Que dirait-on d'une famille dépensant son revenu mensuel du 1° au 15 du mois, et prenant pour la suite un emprunt qu'elle ne saura pas rembourser ?
Le sentiment général de bien-être, qui auparavant suivait la courbe de la consommation d'énergie, se serait semble-t-il stabilisé sur sur la même période : à quoi sert le surplus d'énergie consommée ?

Le but n'est pas la fin de la faim dans le monde (même si elle se réduit), puisque le dérèglement climatique et la prochaine montée des eaux préparent exodes et famines, et que cette annonce laisse l'humanité relativement indifférente, ou du moins inopérante.

Après Rio 1992 (succédant à Stockholm 72 puis Nairobi 82), voici maintenant une génération que les responsables de la planète sont informés, et ont choisi de ne rien faire, ou si peu... Une solution efficace serait sans doute de bombarder les paradis fiscaux, mais nos bombes ont d'autres cibles, de préférence pour protéger l'exploitation des hydrocarbures.

Autour de Fukushima et de Tchernobyl, de vastes espaces sont désormais interdits à l'homme, tandis qu'y prolifèrent sans nous de multiples espèces, certaines peut-être déjà mutantes.

N'allons pas pleurer, puisque ces perspectives sont acceptées presque de gaîté de cœur : faisons en plutôt le constat, et accueillons chaque nouveau développement comme l'intéressante confirmation d'un processus reconnu et admis (sinon vraiment choisi). Nous aurons ainsi, au moins, la satisfaction de la lucidité.

Beaucoup préfèrent ne pas savoir ; respectons ce choix et contentons nous de leur souhaiter bonne chance en trois mots : Dormez braves gens.

CND
Autre billet d'humeur : dessiner... mais sans offenser
croyances
Retour à la page d'accueil