Wuhan
entre refondation
et renouvellement

Le paradoxe de 

la Tour de la grue jaune

texte publié dans la revue EurOrient n° 30
(sous la direction de Philippe Haeringer)
2009-2010
Présenté au congrès du Réseau Asie 07


Clément-Noël Douady
Architecte-urbaniste, chercheur associé à l’IPRAUS
Professeur invité à l’Université de Wuhan
Membre encadrant de l’équipe doctorale Orients Urbains

 Min Xin
Architecte
Doctorant à l’Université Paris Ouest Nanterre-La Défense
Membre de l’équipe doctorale Orients Urbains


Résumé
A mi-course du fleuve bleu, Wuhan ne fait pas partie de la Chine côtière triomphante. Elle a certes ses tours de verre, ses villes nouvelles, sa « vallée des systèmes optiques », mais il semble que l’on y prenne le temps de concilier un renouvellement doux et une nécessaire refondation. La pagode « de la grue jaune », antique et neuve à la fois, nous invite à réviser nos catégories d’analyse.

Abstract
Half-way down the Yangtse, Wuhan is not part of the triumphant Chinese coastal zone. Of course it has its glassy tower blocks, new towns and Optical Valley, but it seems that time is being taken here to reconcile careful renewal with essential remodelling. The Blue Crane Pagoda, at once ancient and modern, beckons us to rethink traditional analytical categories.
 
Sommaire

Trois bourgs, une ville :
- Wuchang
- Hanyang
- Hankou
  L’ère des ponts
Refondation et renouvellement
Un nouveau tropisme fluvial
Le paradoxe de la tour de la grue jaune
Un patrimoine de poèmes


Wuhan est une métropole au centre de la Chine, avec une population urbaine de 4 millions d’habitants dans une municipalité qui en compte 8. C’est le chef-lieu de la province du HuBei, construit au confluent du fleuve Yangzi et de la rivière Han. Wuhan est une conurbation regroupant les trois villes de Wuchang, Hankou et Hanyang. Elle compte aujourd’hui sept arrondissements centraux et cinq districts de banlieue.
La ville revendique à juste titre d’être à la croisée des deux axes cardinaux du pays : l’axe majeur de communication entre l’est et l’ouest de la Chine, de Shanghai à Chongqing, et l’axe nord-sud de Pékin à Canton, bientôt confirmé par une ligne TGV Pékin-Wuhan-Canton. Elle se trouve presque à égale distance, c’est-à-dire à 1250 kilomètres, des quatre principales métropoles de la Chine.
Symbole de la ville, le Pavillon de la grue jaune persiste dans son être depuis douze siècles, tout en ayant été démoli et reconstruit une demi-douzaine de fois. Il témoigne du long passé de Wuhan.


1. Trois bourgs, une ville


Le fleuve Yangzi (en chinois contemporain Chang-jiang, "long fleuve") partage sensiblement le territoire chinois en deux moitiés, nord et sud. Sur son cours moyen il est rejoint par un important affluent, la rivière Han, à hauteur d'une ligne de collines qui resserre le cours du Yangzi. Dans un secteur relativement favorable à leur franchissement, ces deux cours d'eau partagent donc le site local en trois parties terrestres, adossées chacune à une portion significative du territoire chinois, et chacune accueillant à sa pointe un noyau urbain de caractère spécifique.

 
Wuchang : cité du pouvoir et de l'armée, devenue centre intellectuel

En rive sud-est du Yangzi, une enceinte de forme oblongue protégeait le bourg établi de part et d'autre de la Colline du Serpent. Dans la partie sud, on croit deviner sur des plans anciens la forme carrée qui pouvait caractériser l'ancienne résidence princière, adossée à la colline qui porte côté fleuve le fameux Pavillon de la Grue Jaune.
C'est de la caserne implantée dans ce secteur qu'est partie la révolution de 1911, d'où le nom du quartier voisin (Shouyi, littéralement "brandir l'étendard de la révolte"), dont la restructuration est lancée dans la perspective du centenaire. Le nom de Wuchang peut s'interpréter comme "armée et prospérité".
Marqué par de nombreux lacs – et notamment le vaste Lac de l'ouest – de part et d'autre des collines qui s'étendent d'est en ouest, le site s'est révélé favorable à un développement urbain diversifié dans un environnement de qualité. Aujourd'hui Wuchang accueille notamment l'Université de Wuhan (classée parmi les 10 premières de Chine) et plusieurs autres, ainsi qu'une importante zone de recherche-développement.

Hanyang : du rayonnement à la dépendance, puis à l'industrialisation

Côté "Chine du nord", en rive nord-ouest du fleuve Yangzi et au sud de la rivière Han, au pied de la Colline de la Tortue, le bourg de Hanyang (nom qui peut s'interpréter comme "Han côté soleil", c'est à dire sur l'adret au nord d'un ancien cours de la rivière) était le centre urbain majeur du secteur, auquel était rattaché l'autre rive de la Han : mais des luttes armées entre factions chinoises l'avaient en partie détruit avant l'arrivée des occidentaux.
Sa vocation industrielle, vieille d'au moins un siècle pour les usines implantées entre la colline et le cours actuel de la rivière, se trouve désormais confortée par une vaste zone développée plus au sud, et qui accueille notamment l'usine Dongfeng, joint-venture entre le français PSA (Peugeot-Citroën) et un partenaire chinois.

Hankou : des concessions étrangères à la nouvelle centralité


Même s'il bénéficiait d'une muraille de protection arrière, le long d'un ancien bras d'eau, Hankou (littéralement "embouchure de la Han") n'était qu'un bourg secondaire, principalement tourné vers la pêche et plus développé le long de la rivière Han, avant l'arrivée des étrangers qui installèrent leurs concessions en prolongement, le long de la rive du fleuve Yangzi. Ces implantations, et l'engouement proprement chinois qui s'en est suivi, ont fait de Hankou le centre principal de l'ensemble. C'est là que se situent désormais le siège du gouvernement local et le principal centre d'affaire.

L’ère des ponts

Ce n'est qu'en 1957 qu'un premier pont, à la fois routier et ferré, a relié les deux rives du fleuve Yangzi, en s'appuyant de part et d'autre sur les deux collines du Serpent et de la Tortue. Depuis lors une politique continue d'intégration a permis le regroupement des trois bourgs pour constituer la ville de Wuhan (dont le nom reprend symboliquement le Wu de Wuchang, et le  Han commun à Hanyang et Hankou).
Avec la multiplication des ponts, les grandes infrastructures réalisées ou encore en projet manifestent une volonté de lier l'ensemble, dessein qui peut se lire dans le dessin général ressemblant au bon ficelage d'un paquet global.
Si chacun des trois bourgs d'origine se voit conforté dans sa vocation spécifique, les discours annoncent curieusement une volonté de rééquilibrage démographique. Le schéma directeur, élaboré après examen de grands projets internationaux, dont celui de Paris, prévoit plusieurs villes nouvelles, certaines étant déjà en cours de lancement.


2. Refondation et renouvellement


Les actions à l'échelle de l'ensemble, c'est-à-dire de l'agglomération de Wuhan, peuvent être répertoriées dans une politique de « refondation urbaine », on pourrait dire de fondation d'une métropole à partir des trois bourgs préexistants. Réalisés ou programmés à l’horizon 2020, on ne compte pas moins de dix ponts, trois tunnels fluviaux, près de 300 kilomètres de voies rapides dont trois périphériques, sept lignes de métro, etc., avec l'image de Shanghai en ligne de mire. Mais c’est aussi le surgissement d’une nouvelle enveloppe spatiale, ayant peu de rapport avec l’ancien périmètre urbanisé, qui scelle l’intention refondatrice.
Cette nouvelle échelle s’impose, devient dominante, et concerne d’ores et déjà toutes les couches sociales. On y découvre une dizaine de zones de développement et de pôles scientifiques, dont la fameuse « Vallée des systèmes optiques de Chine » (VOC) où plus de 7000 entreprises sont déjà installées (au rythme de sept par jour début 2005 !). Ces espaces sont aussi ceux du redéploiement du système résidentiel, avec six villes nouvelles prenant en charge non seulement la croissance démographique mais aussi l’ambition d’un nouvel habitat devant assurer, dès 2010, une moyenne de 14 m2 de surface habitable par personne, contre 6,8 en 1992.
Dans cette moyenne l’ancien parc immobilier est pris en compte. Celui-ci fait l’objet, au moins dans les intentions, d’une certaine sollicitude. C’est ainsi qu’en complément des grands gestes refondateurs, nombre d’opérations de moindre ampleur paraissent relever de la notion de « renouvellement urbain ». La réhabilitation d’un bâti existant généralement vétuste, le traitement des cœurs d’îlots, la reconnaissance du caractère historique et patrimonial font partie du vocabulaire des décisions. Cela se vérifie notamment à l’égard des anciens quartiers occidentaux. La volonté d’animation commerciale et touristique n’est certes pas étrangère à certains projets. A Hankou, cette logique va jusqu’à la piétonisation de quelques rues et avenues.
Les deux autres bourgs ne sont pas en reste : à Hanyang on peut citer le projet de mise en valeur de la pointe de terre entre le fleuve Yangzi et la rivière Han ; à Wuchang la restructuration du quartier Shouyi et de la place Hongshan. De ce même état d’esprit procède l’attention portée à la protection des espaces paysagers naturels, qu’ils soient collinaires, fluviaux ou lacustres. Tandis qu’on les met en valeur, on poursuit parallèlement la création de nouveaux espaces plantés aussi bien dans la périphérie que dans le détail du tissu urbain.
Protégés ou créés, ces périmètres verts, par leur étendue, rejoignent cependant la perspective refondatrice d’ensemble. Il en est également ainsi de diverses actions à la fois locales et globales. C'est le cas par exemple, à Hankou, de la transformation de l'ancien port des Concessions internationales en un vaste parc s’étirant sur plus de deux kilomètres. Avec un projet analogue à Wuchang, sur la berge d’en face, et d'autres projets de part et d'autre de la rivière Han, à Hankou et Hanyang, c'est une reconquête générale des berges qui s'annonce à l'échelle de l'agglomération. Ainsi Renouvellement et Refondation ici ne s'opposent pas : on pourrait même dire que l'un et l'autre s'emboîtent dans une dynamique à plusieurs échelles.


3. Un nouveau tropisme fluvial


Couloir technologique depuis plus d’un siècle, le fleuve devient à Wuhan un argument majeur de composition urbaine. La vieille zone portuaire, industrielle et ouvrière, qui couvrait plus de 18 kilomètres carrés sur les deux rives du fleuve Yangzi, a vécu. Amorcée à la fin du XIXème siècle par les Occidentaux, élargie dans les années 1950 par le régime communiste, elle fondait alors sa puissance essentiellement sur trois piliers : les industries de base, le textile, le stockage. Dans les années 1990, la crise de cette zone était devenue patente. D’abord dans le paysage : courées insalubres ou abandonnées, immeubles industriels désaffectés. Ensuite dans la réalité sociale et économique.
Depuis une dizaine d’années, la municipalité s’active pour reconquérir les espaces délaissés, resserrer le tissu urbain, constituer un centre ville moderne, lancer une politique ambitieuse de transports collectifs. Mais l’œuvre de refondation doit encore s’accélérer afin de faire de cette zone un territoire résidentiel et touristique attractif. Les actions sont conduites dans quatre directions :

1. Déménagement en banlieue des usines et des entrepôts.
Plus d’une centaine d’entreprises sont déjà parties, effectuant à l’occasion de ce transfert un grand saut technologique. Elles conservent néanmoins sur place leurs fonctions tertiaires (bureaux d’étude, structures commerciales) qu’elles développent.
2. Structuration de la liaison ville / port. Un grand projet de décloisonnement et d’éradication des zones tampons doit rétablir une continuité entre le centre-ville réaménagé et le port réhabilité. On souhaite que se côtoient désormais harmonieusement l’habitat, les équipements et les activités économiques
3. Valorisation de la présence du fleuve. Débarrassées de leurs vieux ports industriels et commerciaux, les rives accueilleront des aires de loisirs, des ports de plaisance et une grande promenade. Les rues et avenues débouchant sur le fleuve seront conçues en fonction de cette perspective paysagée.
4. Effort soutenu pour la qualité du nouveau tissu urbain. Commencée il y a quinze ans, la requalification des bords du fleuve doit être poursuivie dans la durée. La place des espaces verts publics doit passer en 2020 à 3,8m² par personne, contre 1,3 en 1994. Une politique strictement coordonnée de l’habitat doit associer de multiples formes d’action.
Reste à étudier l’évolution d’une population, aujourd’hui évaluée à 780 000 habitants (périmètre de l’ancienne zone industrielle), ses transferts et son renouvellement. Les ouvriers partent, les nouvelles classes moyennes arrivent.


4. Le paradoxe de la tour de la grue jaune


    La tour (ou « pavillon ») de la Grue Jaune est un éclairant paradoxe, puisque ce monument historique le plus emblématique de Wuhan date de… 1987. Pour les Chinois, cependant, cet élément de patrimoine a près de huit cents ans d’histoire, remontant à l’an 223 de notre ère (période des Trois  Royaumes).
    Depuis lors, il a été détruit et reconstruit une demi-douzaine de fois, passant progressivement de deux à cinq niveaux, avec chaque fois une forme architecturale nouvelle, sous les dynasties Tang, Song, Yuan, Ming et Qing, pour être finalement reconstruit récemment à un kilomètre de son emplacement d’origine. Si pour un Français le nouveau bâtiment, « de style traditionnel » mais construit en béton armé avec ascenseur, n’a plus rien d’un « monument historique », pour un Chinois il persiste dans son être, notamment par le rappel de la centaine de poèmes composés à son sujet et qui, avec le mythe initial d’un sage emporté par un oiseau, et la succession des événements historiques qui ont entraîné sa démolition et sa reconstruction, constituent le « patrimoine immatériel » que la tour a fonction d’évoquer.
    Cette évocation est d’ailleurs clairement sollicitée, à différents étages de la visite, par une grande mosaïque illustrant l’homme emporté par l’oiseau, puis par une collection de grandes maquettes des formes successives du bâtiment, enfin par une vaste fresque figurant en pied les plus connus des poètes ayant chanté à la fois le bâtiment et la vue qu’il permet sur le paysage environnant dans diverses circonstances.
    Ainsi est célébrée non pas la construction d’origine, ni aucun de ses avatars successifs en particulier, mais plutôt une légende et l’accumulation poétique et littéraire auquel l’endroit a servi de source d’inspiration. On peut imaginer que, pour un Chinois cultivé (et beaucoup le sont), la visite de la Tour est moins celle d’un bâtiment – fort récent au demeurant – que celle d’un trésor intérieur ainsi rappelé au souvenir.
    
Refondation ou renouvellement ? Si la reconstruction du bâtiment sur un site distinct et dans une nouvelle forme architecturale est bien une re-fondation (et même au sens étymologique), sa symbolique comme support du patrimoine immatériel est de l'ordre du renouvellement continu. Les poètes qui ont chanté l'envol de la grue jaune depuis cette rive du fleuve Yangzi se succèdent d'ailleurs sur plus d'une douzaine de siècles, des Tang (et sans doute avant eux) à Mao (et encore après lui). Dans leur contenu, ces poèmes évoquent la liaison, visuelle puis plus concrète, entre les deux rives du fleuve, préparant ainsi, implicitement mais parfois presque explicitement, la réunion des trois bourgs d'origine en une même métropole : Wuhan.


5. Un patrimoine de poèmes 

Vues vers l'autre rive
Pavillon de la Grue jaune
Jadis un homme chevauchant une grue jaune partit
A cet endroit se trouve le Pavillon de la Grue jaune
La grue jaune, une fois partie, n'est pas revenue
Les nuages blancs par milliers passent libres dans le ciel
S'il fait clair, sur le Fleuve, on voit les arbres de Hanyang
Herbes odorantes et touffues, île aux perroquets
Crépuscule. Où donc est mon village natal ?
Brumes et vagues du fleuve rendent mélancolique
Cui Hao 704-754

Vue vers l'aval (et l'ami)
Au Pavillon de la Grue Jaune
envoyé à Meng Hao-ran qui part pour Guangling
Mon ami me quitte à l'ouest, au Pavillon
 de la Grue jaune
Fleurs printanières à foison, il descend vers Yangzhou
La voile solitaire au loin : une ombre qui s'épuise
 contre le ciel
On ne voit plus que le Grand Fleuve couler à l'horizon
Li Bai 701-762

Prendre de la hauteur
Gravir le Pavillon du Héron

Le blanc soleil dépasse à peine de la montagne
Le fleuve doré coule vers la mer
Désir de voir jusqu'au lointain
Monter encore d'un étage
Wang Zhihuan 688-742

Deux voies ferrées face à face
Le Pavillon de la Grue jaune
sur l'air Pou San Man
Immenses neuf cours d'eau vont au cœur de la Chine
Infinie une ligne unit le sud au nord 
Dans l'espace fondu de brume et de bruine 
Et Tortue et Serpent étreignent le grand fleuve
La grue jaune est partie allant on ne sait où
Reste ce pavillon halte du voyageur
J'arrose de mon vin les flots tumultueux
Dans mon cœur le flux monte aussi haut que ces vagues.
Mao Zedong – 1927

Construction du pont
La Nage
sur l'air Chouei tiao keh teou
A peine ai-je bu l'eau de Changsha
Que j'ai mangé le poisson de Wuchang
Je traverse en nageant le grand fleuve infini
Laissant au ciel de Chu mes yeux jouir de l'espace
Sans souci du vent ni des vagues
Mieux que dans ma cour en promenade
Aujourd'hui je me trouve au large
Au bord d'un fleuve, Confucius dit : 
C'est comme cette eau tout ce qui passe 
Dans le vent s'agitent les mats
La Tortue et le Serpent restent calmes 
De grands desseins sont conçus
L'envol d'un pont unit le nord au sud 
La faille infranchissable en deviendra passage
Des murs de pierre en amont construits
Retiendront de Wuchang les nuages et la pluie 
Dans la gorge escarpée surgit un lac uni
La déesse sans doute à soi-même pareille
S'étonnera dès lors du monde tout nouveau.
Mao Zedong - juin 1956

Illustrations correspondantes - voir site du réseau Asie congrès 2007 sur :

http://www.reseau-asie.com/cgi-bin/prog/gateway.cgi?langue=fr&password=&email=&dir=myfile_colloque&type=jhg54gfd98gfd4fgd4gfdg&id=431&telecharge_now=1&file=a10clmentnol_douady__min_xin.pdf

Voir aussi
"Place du patrimoine de concession dans le projet urbain en Chine", Réseau Asie, congrès 2005, sur :

http://www.reseau-asie.com/cgi-bin/prog/gateway.cgi?langue=fr&password=&email=&dir=myfile_colloque&type=jhg54gfd98gfd4fgd4gfdg&id=234&telecharge_now=1&file=xii_douadyclementnoel.pdf


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