perspectives

Depuis Dürer (ici gravure sur bois de 1525), une même perspective doit régler l'ensemble de l'image,
les personnages comme les murs, l'intérieur comme l'extérieur.
 
Notre esprit n'est-il pas prisonnier de cette obligation de tout rattacher à un unique système de référence ?
Le Japonais Shigenaga n'a pas hésité ici (vers 1750) à combiner plusieurs systèmes perspectifs :
la salle est construite en perspective fuyante, alors que les planches au premier plan sont parallèles
("axonométrie") ; le paysage en contrebas monte jusqu'en haut du dessin, donc bien au dessus de
la ligne d'horizon de la salle d'où on l'observe, ligne qui se situe au milieu de l'image.

 

Il reste pourtant fidèle à la réalité de la perception dans ce parc de Ueno :
les planches vues de près en entrant,
la salle découverte en enfilade mais d'où l'on surplombe le paysage.
 
(Rappelons nous aussi que les japonais peuvent lire un plan orienté dans n'importe quelle direction,
alors qu'il nous faut d'abord le tourner le nord en haut de la feuille).
Marie (à 5 ans) voit son assiette du dessus, mais celles de ses parents en perspective
en tournant la tête à gauche puis à droite ; leurs chaises ont été vues avant de s'asseoir
(et au fond de la pièce celle du chat paraît plus petite).
En face d'elle, le pot de fleurs est debout.
 
Vérité intérieure là aussi, cumul de souvenirs de visions proches mais non simultanées.
analyse ... carnet de métro ... manifeste ... Corrèze ... croquis d'urgence...

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